Il faut qu’on parle de Kevin

J’en avais vaguement entendu parler comme d’un roman ‘choc’. Je ne savais pas qu’il l’était à ce point.

La mère d’un garçon de 16 ans, responsable du masacre de 11 de ses camarades d’école, essaie de comprendre comment son fils en est arrivé à poser un tel geste.  C’est au fil d’une correspondance à sens unique qu’elle entreprend avec son mari, où elle reprend l’histoire depuis le début, depuis avant la naissance de son fils, qu’elle tentera de donner un sens à ces événements tragiques.

Il faut bien s’accrocher pour survivre à cette plongée hallucinante dans les profondeurs de l’âme humaine, de celle d’une femme, d’une mère. La lecture devient progressivement si oppressante qu’on termine ce livre comme on remonte d’un abysse; en brulant les paliers de décompression, quitte à s’en exploser le cerveau car il faut à tout prix revevenir à l’air libre et respirer enfin. Parents s’abstenir.

J’ai été littérallement stupéfait de voir qu’un auteur (homme) puisse décrire avec une précision quasi-chirurgicale les émotions d’une mère depuis l’intérieur, en adoptant un point de vue aussi profondément féminin. Pour moi cette manière d’écrire relevait du tour de force. Mais en même temps, ça ne collait pas. J’en parlais pourtant autour de moi avec énormément d’enthousiasme, jusqu’à ce que je me rende compte, en consultant la photo de l’auteur sur l’intérieur de couverture, que Lionel Shriver est bel et bien une femme… tout simplement. Ceci n’enlève rien aux mérites de l’oeuvre mais me conforte dans l’idée qu’il existe bien une différence entre l’écriture féminine et masculine et que cette différence est perceptible.

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SHRIVER, Lionel. Il faut qu’on parle de Kevin. Paris: Belfond, 316 p. ISBN  2714441181

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Ces Blogs ont également commenté le roman: Le meli-melo de PyraustaTout peut arriver, Chez Val, Journal d’une lectrice, C’est à lire, Littérature passion, Pyrouette, Les lectures de Sole, Lectures de Turquoise, Lectures d’ici et d’ailleurs, Chez Mathilde, Les lectures d’Isabelle, Ma tasse de thé

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3 réflexions sur “Il faut qu’on parle de Kevin

    • Très fort en effet. Avez-vous lu le plus récent roman de Lionel Shriver? Je me demande s’il est aussi fort. En tous cas, il ne semble pas avoir fait autant de bruit…

      Pierre

  1. J’en ai lu quelques critiques, il apparait qu’il est loin de valoir « Il faut qu’on parle… »
    Personnellement, je ne suis pas prête de tenter le coup par peur d’être déçue.

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