La veuve

La veuveSi on voulait personnifier la ‘résilience’, ce serait certainement sous les traits de Mary Bolton, l’héroïne de ce roman. À peine la vingtaine et déjà veuve. ‘Veuve par sa faute’ précisera la narratrice. On comprendra très tôt qu’elle a tué son mari et fuit pour échapper à ses deux beaux-frères qui cherchent vengeance.

Sa course est déjà engagée au début du roman. Un périple insensé à travers la forêt et les montagnes de l’Ouest canadien. Une nature tout sauf accueillante mais empreinte d’une beauté sauvage que Gil Adamson sait bien traduire. Ses descriptions font une large place aux sensations: odeurs de la forêt, pureté de la lumière, bruissement des feuilles soulevées par le vent.

« Au crépuscule, la lumière se faisait aussi diaphane et froide que l’air. Pas un bruit, pas un écho. Juste les pas de la jument assourdis par un épais tapis de branches de cèdre. Aucune ombre. Le monde était d’une netteté impossible. » (p. 80).

On sent la présence de la poétesse derrière la romancière. C’est d’ailleurs d’abord dans un poème que la veuve est née, comme l’expliquait récemment Gil Adamson dans une entrevue pour la revue ‘Le libraire‘ (no 53, juin/juillet/août 2009, pp. 24-25)

Bien qu’essentiellement sous le signe de la solitude, le parcours de Mary Bolton sera marqué par la rencontre de personnages parfois durs ou attachants mais toujours intéressants, comme William Moreland le ‘coureur des crêtes’, ce solitaire parmi les solitaires qui ne trouve la paix qu’au sommet des plus hautes montagnes ou le révérend Bonnycastle qui terrorise ses paroissiens avec ce qu’il appelle des ‘leçons bibliques’ qui sont plutôt des leçons pugilistiques dont il ressort toujours gagnant.

Un monde très dur donc, à la mesure de la volonté de survivre qui habite Mary. Un beau personnage et une incursion réussie dans le monde du roman pour Gil Adamson.

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Une réflexion sur “La veuve

  1. J’aime les romans de Jim Harrisson (Dalva, De Marquette à Veracruz, Retour en terre, etc).

    Aussi, je me suis laissée tenter quand j’ai lu sa critique : “The frayed material of the North American west is rendered in an astoundingly fresh light. The Outlander is also suspenseful to a degree that you are often in a state of physical unrest, a condition only occasioned by first rate fiction.”

    J’ai lu « La veuve » d’une traite, comme un polar. L’histoire d’une femme qui n’accepte pas son sort. Elle se rebelle, jusqu’au meurtre, puisqu’il faut mettre un terme à l’abus. Aucun remords, la survie et la fuite si intrinsèquement mêlés qu’on sent battre à toutes les phrases l’instinct de préservation, pur et dur. Se préserver, être soi, ne pas devenir ce que l’autre fait de nous.

    Être la maîtresse de sa destinée. Jusqu’à la toute dernière page, la veuve accepte toutes les rencontres, affronte tous les éléments d’une nature hostile, tous les revers du sort et jamais elle ne plie l’échine.

    Pour se donner un boost de persévérance, c’est extra.

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