La Porte des Enfers

laportedesenfersJusqu’où un père peut-il aller pour arracher à la mort l’enfant qui lui a été enlevé? ‘Jusqu’en enfer’. Voilà la réponse que Laurent Gaudé illustre, au sens littéral, dans ce roman plus qu’intense sur l’amour paternel.

La vie de Matteo de Nittis, chauffeur de taxi napolitain sans histoire, bascule le jour où, reconduisant son enfant à l’école, il se trouve pris dans le feu croisé de bandes rivales. Pippo, 6 ans, le fils bien-aimé, y laissera la vie, atteint par une balle perdue. C’est l’abattement pour Matteo; la révolte pour Giuliana son épouse. Elle lui laisse le choix:

«Rends-moi mon fils, Matteo. Rends-le-moi, ou, si tu ne peux pas, donne-moi au moins celui qui l’a tué!»

Matteo, s’emploiera donc à satisfaire la seule partie réalisable de la demande de Giuliana: identifier et abattre le responsable de la mort de Pippo. Il hésitera au dernier moment; renoncera finalement et ce sera l’éclatement du couple. Chacun coulera à pic dans sa propre détresse; Giuliana fuyant Naples et cherchant l’oubli du passé; Matteo vivant de nuit désormais, sillonnant la ville sans but, son taxi toujours vide de client.

Puis, un jour, se produira pour Matteo la rencontre de personnages marginaux et excentriques: Graziella, la prostituée travestie connue par tout ce que Naples compte de dépravés, Garibaldo, le tenancier de bar, capable de faire un café pour n’importe quelle occasion, un café pour l’amour, un café pour la mort; Don Mazerotti le curé barricadé dans son église pour échaper à l’éviction; le professore enfin, qui prétend connaître l’existence de portes permettant de descendre au pays des morts. Voilà qui intéressera Matteo…

Un roman rempli de scènes fortes. La mort de Pippo entre autres est boulversante. Merci à l’émission Vous m’en lirez tant de Radio-Canada qui a proposé ce livre publié l’année dernière et que je n’avais pas remarqué.

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3 réflexions sur “La Porte des Enfers

  1. Laurent Gaudé est un auteur à découvrir, « Le soleil des Scorta » – histoire d’une famille sicilienne et de ses secrets, qui survit à la misère et réussit même à prospérer – et « Eldorado » – les immigrants d’Afrique qui tentent d’arriver en Italie, un capitaine de marine qui finit par les joindre après les avoir combattus. De très belles histoires, qui nous laissent pleins.

  2. Bon roman mais pas inoubliable non plus. Un an après l’avoir lu, j’avoue qu’il ne m’en reste que très peu de souvenirs. Et c’est malheureusement trop souvent le cas avec les romans de Gaudé, excepté Le soleil des Scorta.

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