La solitude des nombres premiers

La-solitude-des-nombres-premiersAprès avoir consulté la notice biographique de Paolo Giordano apparaissant en 2e de couverture du roman, comment ne pas se demander quel dieu prodigue ou quelle fée marraine, en se penchant sur son berceau, a pu avoir l’étourderie de lui accorder à fois le génie des sciences et celui des lettres. Monsieur prépare actuellement un doctorat en physique théorique, nous dit-on. Ce qui ne l’a pas empêché de publier un solide roman qui s’est écoulé à plus d’un million d’exemplaires en Italie. J’ai toujours été fasciné par ceux qui ont cette capacité de briller dans plus d’un domaine à la fois. Allez, y a pas de justice…

 

Bien. Toujours est-il que ce roman se dévore d’une traite.
À la suite d’une mauvaise plaisanterie qui tourne court, Alice s’éprend de Matteo, un camarade d’école plutôt renfrogné. Chacun des deux enfants a été marqué par une expérience douloureuse qui limite sa capacité à tisser des liens avec son entourage. L’attitude de Matteo surtout, est proche de l’autisme, sans que cette maladie ne soit nommée directement. Elle est plutôt évoquée par une accumulation de détails subtils. On sent très bien que sa passion pour les chiffres, tout à la fois le protège contre l’emprise de la folie en même temps qu’elle lui permet d’appréhender le monde:

 

« (…) Mattia avait appris que certains nombres premiers ont quelque chose de particulier. Les mathématiciens les appellent ‘premiers jumaux’: ce sont des couples de nombres premiers voisins, ou plutôt presque voisins, car il y a toujours entre eux un nombre pair qui les empêche de se toucher vraiment. »
 
Dans le meilleur des cas donc, les êtres, même lorsque destinés l’un à l’autre, demeurent à un pas de distance. Chacun est une île et la communion réelle entre deux âmes déchirées par la vie relève plus de l’exception que de la règle.

Voilà un roman qui a la double qualité d’être simple et intelligent à la fois, preuve qu’il n’est pas nécessaire de sacrifier l’un pour l’autre.

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4 réflexions sur “La solitude des nombres premiers

  1. En voilà un dont j’attends impatiemment la sortie en poche. J’espère ne pas être déçue !
    (PS : chouette blog, très esthétique ! 🙂 )

    • Bonjour Reka,

      Merci pour votre commentaire. En ce qui a trait à votre attente de la sortie du livre en poche, puis-je me permettre une suggestion? Il est fort probable que votre bibliothèque publique en ait déjà fait l’acquisition. Pourquoi ne pas y faire un saut? De mon côté, je relie chaque ouvrage que je commente à la fiche de disponibilité de ce titre dans le réseau des bibliothèques de Montréal. Il suffit de cliquer sur l’image…

      Au plaisir,

      Pierre

  2. « Les coordonniers sont souvent les plus mal chaussés ».
    En tant que bibliothécaire, je ne fréquente que rarement les bibliothèques en tant qu’utilisatrice 😉
    A vrai dire, j’ai pris l’habitude de faire des annotations dans les romans que je découvre. Comme je respecte les livres mis à la disposition de tous et que je n’ai pas envie de leur imposer mes goûts et considérations pendant leur lecture personnelle, je préfère en être la propriétaire définitive 🙂
    Bonne journée.

  3. Bonjour, personnellement, j’avais été déçue par ce roman aux personnages qui m’ont laissée assez indifférente. Alice (malgré ses problèmes d’anorexie) n’est pas sympathique du tout et le roman se termine en queue de poisson. Pas convaincue du tout. Bonne soirée.

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