La réserve

En 1936, au coeur d’une Réserve privée des Adirondacs, un groupe d’amis se réunit pour fêter le 4 juillet. Un lieu chic. Des gens de bonne société, très Gatsby. On peut déjà se faire tout un cinéma en imaginant les hommes en tenue de soirée fumer le cigare à l’intérieur d’un chalet aux allures de château, tandis qu’une jeune fille mystérieuse et solitaire prend des poses alanguies sur une pointe rocheuse s’avançant dans les eaux sombres du lac. L’arrivée remarquée en hydravion d’un peintre bourru et excentrique, appelé sur les lieux par le propriétaire du domaine pour évaluer une série de tableaux renforce encore plus cette impression de déjà-vu.

Les témoins lumineux de mon cerveau de lecteur sont tous passés au rouge car on frôle dangereusement le roman Arlequin ici. Comment en effet ne pas anticiper que le peintre bourru et excentrique ne tombe éperdument amoureux de la jeune fille solitaire aux poses alanguies? Faisant fi des convenances, notre homme n’emmène-t-il pas la ravissante demoiselle faire un vol en biplane? Le couple ne se retrouve-t-il pas isolé de la bonne société lorsque commencent à crépiter les feux d’artifice de la fête nationale? Peut-être entendez-vous comme moi s’élever la plainte lancinante d’un ensemble d’instruments à cordes.

Sauf que… Sauf qu’au lendemain de cette scène idyllique, ça se met à déraper sérieusement. Les choses ne sont pas aussi simples qu’elles n’y paraissent et les protagonistes ont tous une part d’ombre que la suite des événements va nous dévoiler peu à peu. La mort subite de Carter Cole, le père de Vanessa, la jeune beauté, agira comme détonateur dans cette histoire à la tournure de plus en plus inquiétante.

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BANKS, Russell. La réserve. Paris: Actes Sud, 2008, 378 p. ISBN 9782742785582

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Ces Blogs ont également commenté le roman: Bric-à-book, Livresque sentinelle (conseille plutôt American Darling pour aborder cet auteur), Le Blog des livres 

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2 réflexions sur “La réserve

  1. Vanessa aurait-elle pu n’être pas folle, avoir réellement trouvé ces photos qu’elle soupçonne son père d’avoir prises? En laissant des portes ouvertes à d’autres dénouements que ceux qu’il donne à lire, Banks nous aide à réaliser le même genre de détricotage dans nos propres vies.

    • Il est en effet intéressant que l’énigme du contenu du dossier en carton ne soit pas résolue. Chacun peut imaginer ce qui s’y trouve: le pire ou bien rien d’important, comme le soupçonne Jordan. J’opterais personnelement pour le pire…

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