L’un lit, les autres pas…

« M. Martel, ma fille et moi avons fini de lire The Life of Pi. C’est l’histoire avec les animaux que nous préférons tous les deux. C’est un livre charmant – une preuve élégante de l’existence de Dieu et du pouvoir des récits. Merci, Barack Obama. »

Qu’il est rafraîchissant de voir un politicien s’intéresser véritablement à la culture. Barack Obama nous a récemment ravi en envoyant une note de remerciement à l’écrivain Yann Martel pour son livre L’histoire de Pi dont il venait de terminer la lecture avec sa fille. On a souligné avec raison que la beauté de ce geste tenait en grande partie à sa gratuité: Yann Martel étant canadien, il ne votera donc pas aux prochaines élections américaines. De plus, on ne s’étonnera pas que cet événement ait eu un impact médiatique beaucoup plus grand de ce côté-ci de la frontière que chez nos voisins du Sud.

Ce n’est pas la première fois que le président Obama fait état de ses découvertes littéraires. Il y a près d’un an, se disant fatigué de se taper des rapports et des ‘briefing books’, il avouait trouver beaucoup de plaisir à la lecture du roman Netherland de Joseph O’Neill, cette histoire d’un hollandais amateur de criquet dans le New-York d’après le 11 septembre. Bien que je ne partage pas complètement son enthousiasme pour ce roman (voir ici), j’apprécie l’initiative qui humanise son personnage et nous donne l’impression qu’il est possible de partager les mêmes émotions que lui.

Cette attitude tranche avec celle de notre Premier ministre qui se réfugie dans un mutisme buté depuis que le même Yann Martel a résolu de lui faire parvenir un livre accompagné d’une lettre à toutes les 2 semaines et ce, tout le temps que Stephen Harper sera premier ministre du Canada. Ses suggestions de lecture sont disponibles sur le site Que lit Stephen Harper. Il y en a 76  à ce jour, superbement commentées, si bien qu’on se prend à espérer que M. Harper demeure longtemps en poste afin que nous puissions profiter de ces conseils littéraires lumineux. Bon, là je pousse un peu.

À ceux et celles qui souhaiteraient échanger notre Premier ministre avec le Président américain, je rappelle toutefois que la sensibilité littéraire n’a pas toujours été la marque de commerce de la présidence. Comme vous sans doute, je me souviens d’un Georges W. Bush obsédé par la lecture de la bible et dont le plus grand exploit littéraire a été de publiciser, bien malgré lui, le livre pour enfants The Pet Goat alors qu’il visitait une école de Floride le matin fatidique du 11 septembre 2001. Sa réaction, au moment ou l’un de ses garde du corps vient lui chuchoter à l’oreille « The nation is under attack » demeure un grand moment d’histoire. Tout un leader. Comme on dit: « Quand on se compare, on se console ».

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