Le tigre blanc

L’Inde est décidément une planète à part; à la fois étrange et fascinante. Les rapports entre humains y sont encore largement régis par des règles dont la logique nous échappe et la hiérarchie des castes qui en résulte semble demeurer insensible à la marche du progrès. Voici pourtant l’histoire d’un fils de conducteur de rickshaw qui, à la faveur d’innombrables épreuves traversées, en viendra graduellement à formuler l’idée que les classes sociales peuvent être transgressées et qu’il est possible, pour qui accepte d’en payer le prix, de s’arracher à sa condition.

Prenant prétexte de la visite annoncée du Premier ministre chinois à Bangalore, capitale de la délocalisation technologique,  Balram, surnommé « le tigre blanc », engage avec ce dernier une correspondance à sens unique sous le prétexte de lui expliquer comment on devient entrepreneur en Inde. Sept lettres seront écrites en 7 nuits et autant de chapitres. Elles ne seront probablement pas lues, peut-être même pas envoyées.

Au fil de sa démonstration, le Tigre blanc nous apprend surtout la force du système ‘D’ et l’importance de l’instinct de survie dans un univers ou la vie humaine n’a qu’une valeur toute relative. Balram vient des ‘Ténèbres’, comme il dit. Son village, Laxmangarh, est à la botte de 4 grands propriétaires terriens surnommés ‘Le Buffle’, ‘La Cigogne’, ‘Le Sanglier’ et ‘Le Corbeau’. Balram se fera engager comme chauffeur par le fils de la Cigogne, Ashoky. Cette position lui permettra de quitter les Ténèbres pour accompagner son maître à Delhi où, malgré la soumission et la loyauté qu’il affiche, ses conditions de vie seront loin de s’améliorer. L’attitude d’Ashoky à son égard, remplie d’une bienveillance mielleuse, est semblable à celle que peut inspirer un chien. À hurler. Balram persistera tout de même à tenter de gagner la considération de son maître, jusqu’à ce qu’un événement tragique ne lui ouvre les yeux, faisant éclore le germe de la révolte.

Le destin de Balram est-il unique? Préfigure-t-il des bouleversements sociaux à venir dans ce pays en ébullition? On aimerait en savoir davantage mais ces questions dépassent le cadre du roman. L’Inde gardera son aura de mystère.

Le tigre blanc est le premier roman d’Aravind Adiga. L’ouvrage s’est mérité le Booker Prize en 2008. Comme entrée en scène dans la littérature, on a vu pire…

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AGIDA, Aravind. Le tigre blanc. Paris: 10/18, 316 p. ISBN 9782264048677

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Ces Blogs ont également commenté le roman: Les plaisirs de Mimi, Luocine, Bookomaton, Musarder, La route des livres, The way we walk (blog en français malgré les apparences), IndiaBlogNoteWodka, Artyficielles. Décidément, ce roman semble avoir fait mouche auprès des bloggeurs.

Voir la fiche du livre sur Babelio

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