La disparition de Paris et sa renaissance en Afrique

Voilà un étonnant petit roman. L’élément déclencheur de l’histoire nous est livré dès les premières phrases du livre:

Un mercredi soir de la mi-décembre, Boulevard Barbès, sous les arbres décorés des guirlandes électriques de Noël, une matraque a rencontré un crâne. La matraque appartenait à un policier, le crâne était celui d’une femme d’une soixantaine d’années. (…) Ce drame a fait grand bruit car la victime était la dirigeante d’un grand conglomérat africain… (p. 11)

Nous sommes à Paris. Une femme noire étrangère, en visite dans la Capitale a été molestée, vraisemblablement sans raison, par un représentant des forces de l’ordre. Et pour simplifier les chose, cette femme, dirigeante d’une multinationale aurait, dans son pays, plus de pouvoir qu’un chef d’État. Inutile de préciser que le maire prend la situation très au sérieux. Personne n’a envie de voir les banlieues s’enflammer de nouveau. On charge donc Mathias Gadara, un obscur rédacteur de discours attaché à la mairie, d’aller rencontrer la dame à l’hôpital pour tenter de s’entendre avec elle sur le meilleur moyen de réparer cette bavure.

Mathias s’attachera rapidement à la victime, Fata Okoumi, mais la mission dont on l’a chargé s’avérera plutôt délicate car, si en guise de compensation aux préjudices subis, le maire hésite entre installer une plaque commémorative sur les lieux du drame ou y ériger un monument, Fata Okoumi voit les choses d’une toute autre manière:

«Je ne peux laisser impuni le crime qui a été commis à mon encontre. On a été injuste à mon égard, alors, pourquoi ne serais-je pas injuste à mon tour?»
«Je comprends.»
«Cela ne va pas vous plaire.»
«J’ai des goûts étranges.»
Alors, avec douceur, elle a dit, «J’ai décidé de faire disparaître Paris (elle a fait un geste avec la main comme si elle soulevait un mouchoir de soie à la manière d’un magicien qui fait un tour). Vous êtes toujours aussi compréhensif?» (p. 73)

Les choses se compliqueront davantage lorsque la dame décédera de ses blessures sans avoir eu le temps de préciser sa pensée. Que faire du vœux qu’elle a exprimé? Faut-il le prendre au pied de la lettre? Les enfants Okoumi entendent bien réaliser les volontés de leur mère. À Mathias de trouver une solution qui satisfasse à la fois la mairie et la famille.

Le roman est court mais la langue est belle. Un beau plaisir à se faire.

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PAGE, Martin. La disparition de Paris et sa renaissance en Afrique. Paris, Éditions de l’Olivier, 2010, 215 p. ISBN: 9782879297033

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