Mémoires du comte de Forbin (1656-1733)

forbinQuelle vie singulière que celle de ce corsaire du Roi Soleil! Permettez que je vous la raconte un peu.

Entré tôt dans la marine et ayant déjà, très jeune, pris part à de nombreuses campagnes, Claude Forbin a du tempérament. Courageux et hardi face à l’ennemi, il peut également se montrer fier et querelleur hors du champs de bataille, reprenant à son compte, dirait-on, la règle de vie de Cyrano: « Pour un oui, pour un non, se battre, – ou faire un vers ! » (Acte II, Scène VIII). Quoique, de vers, l’ami Forbin n’en écrira sans doute pas un seul, mais bon…

Toujours est-il qu’en 1677, pour une peccadille, le voilà  qui croise le fer avec un chevalier aussi étourdi que lui. L’altercation tourne au tragique lorsque, après quelques passes d’armes, l’épée de Forbin reste coincée dans la gorge de l’insolent. La blessure ne pardonnera pas. Décidément, on meurt beaucoup au royaume des mousquetaires. Dans son ouvrage Croiser le fer¹, Pascal Brioist évalue à un sur sept le nombre de duels à cette époque où l’un des protagonistes trouve la mort.  Les survirants ne sont pas pour autant tirés d’affaire car les combats sont interdits et punissables de mort par décapitation. Charmant.

Voilà donc notre ami dans de beaux draps qui obtient pourtant sa grâce, se rend à Brest et s’enrôle à nouveau dans la marine en usant d’un subterfuge par lequel il prend littéralement la place de l’un de ses frères malade.

Nous étions tous les deux du même âge et de la même taille; on ne prit pas garde au troc, et je fus reçu à sa place sans difficulté (p.46)

Suivront d’autres campagnes aux îles d’Amérique, sur les côtes de Colombie et du Venezuela puis retour en Méditerranée en 1682 pour participer au bombardement d’Alger d’où il rapporte le témoignage de boucheries sans nom.

Les nouvelles bombes qu’on jetait incessamment irritèrent tellement ces barbares que, pour se venger, il se saisirent du consul français, le mirent dans un de leurs mortiers et le tirèrent au lieu de boulet. Leur cruauté n’en demeura pas là: ils traitèrent de même plusieurs esclaves français qu’ils attachaient à la bouche de leurs canons, en sorte que les membres de ces pauvres chrétiens étaient portés tous les jours jusque sur nos bords, présentant ainsi un spectacle d’inhumanité… (p. 52)

Preuve, s’il en fallait, que notre siècle n’a pas le monopole de l’horreur…

Les missions guerrières se seraient sans doute succédé ainsi pour Forbin, avec peut-être même une certaine monotonie dans l’atrocité si, en 1684, n’était arrivée à la cour de Louis XIV une ambassade envoyée par Sa Majesté le Roi de Siam (oui, à l’époque, on dit « de » et non « du » Siam). L’affaire est loin d’être banale car, disons-le toute suite, au XVIIe siècle, le pays qui compose l’actuelle Thaïlande est aussi éloigné de la France que la Lune l’est de nous aujourd’hui. Le voyage est faisable, certes, mais risqué. Bref, ce n’est pas tout à fait la porte d’à côté. Pour vous en convaincre, jetez un coup d’œil sur cet autre billet qui porte sur une expédition semblable, celle du Batavia.

La délégation, composée principalement de deux mandarins siamois, est accompagnée par un jésuite des missions orientales qui fera office d’interprète. Que veulent ces gens?

Dans les différentes conférences qu’ils eurent avec les ministres, ils firent entendre, conformément à leurs instructions que le roi leur maître protégeait depuis longtemps les chrétiens; qu’il entendait parler volontiers de leur religion; qu’il n’était pas éloigné lui-même de l’embrasser; qu’il lavait donné ordre à ses ambassadeurs d’en parler avec Sa Majesté: et ils ajoutèrent enfin que leur maître, dans  les dispositions où il était, se ferait infailliblement chrétien, si le roi le lui proposait par une ambassade. (p.77)

C’est un peu louche, non? Évidemment, le très pieux Louis tombera dans le panneau et s’empressera de composer sa propre ambassade commandée par le chevalier de Chaumont à laquelle se joindront Forbin ainsi que six pères jésuites et une suite nombreuse de jeunes gentilshommes. L’expédition comptera également dans ses rangs l’abbé de Choisy, celui-là même qui passa plus de la moitié de sa vie habillé en femme et nous laissa de nombreux ouvrages dont un journal de son voyage au Siam. Quelle équipée mes amis.

forbinArrivée à destination, il ne faudra pas longtemps au perspicace Forbin pour se rendre compte que toute cette mission n’est qu’un gigantesque canular orchestré par l’homme fort du régime de Siam, un grec nommé Constantin Phaulkon qui cherche, en attirant ainsi les français en Orient, à faire contrepoids aux hollandais qui tiennent toute la région sous leur joug. Constantin est un arriviste qui, à force d’intrigues et de ruses s’est élevé aux plus hautes fonction de l’administration siamoise. Son aventure est d’ailleurs racontée dans la trilogie romanesque Le faucon du Siam².

À peine arrivé, Forbin, loin d’être impressionné par le pays hôte, ne songe qu’à repartir. À sa décharge, il faut reconnaître que le faste de la cour de Siam n’a rien à voir avec celui du royaume de France. Et puis, on perd son temps ici à espérer du monarque une conversion à la religion chrétienne qui ne viendra manifestement pas. Forbin semble définitivement être le plus lucide des siens, ce qui ne passe pas inaperçu aux yeux de Phaulkon. Ce dernier, inquiet du rapport négatif que le chevalier pourrait faire à son roi quant à la valeur de cette expédition, insiste pour garder Forbin auprès de lui alors que le reste de l’ambassade plie bagage et entreprend son voyage de retour. Le chevalier demeurera ainsi près de 3 ans contre son gré à la cour de Siam. Élevé au rang de généralissime de Bangkok par le souverain, il sera néanmoins la cible de tentatives d’assassinat de la part de Phaulkon. L’empoisonnement ne réussit pas? Qu’à cela ne tienne, on envoie Forbin en mission-suicide mâter une bande de guerriers Macassars, des fous furieux capables de se battre à un contre mille, ne réclamant aucun quartier et n’en faisant aucun.

Un de ces six enragés vint sur moi, le cric à la main: je lui plongeai ma lance dans l’estomac. Le Macassar, comme s’il eut été insensible, venait toujours en avant à travers le fer que je lui tenais enfoncé dans le corps, et faisait des efforts incroyables afin de parvenir jusqu’à moi pour me percer: il l’aurait fait immanquablement, si la garde, qui était vers le défaut de la lame, ne lui en eut ôté le moyen. Tout ce que j’eus de mieux à faire fut de reculer, en lui tenant toujours la lance dans l’estomac, sans oser jamais redoubler le coup. Enfin, je fus secouru par d’autres lanciers, qui achevèrent de le tuer. (p. 139)

Après bien des aventures, Forbin finira par réussir à quitter la cour de Siam et retourner en France en 1688 où il fera un rapport assez cinglant de la situation au Roi.

Sa Majesté me fit l’honneur de me questionner beaucoup sur le royaume de Siam: elle me demanda d’abord si le pays était riche. «Sire, lui répondis-je, le royaume de Siam ne produit rien, et ne consomme rien. —C’est beaucoup dire en peu de mots, répliqua le roi.» (p. 187)

On sent là une réponse méditée depuis longtemps et qui fit sans doute le plus grand bien à Forbin lorsqu’il put enfin la livrer.

Élevé au rang de lieutenant, puis de capitaine de vaisseau du Roi, Forbin accumulera par la suite les missions périlleuses, attaquant de nombreux vaisseaux, étant fait prisonnier lui-même et s’évadant en sciant à l’aide d’une lime les barreaux de la fenêtre de sa prison. On croirait à un scénario de film d’aventure.

Il ressort de tout cela l’impression d’une vie guidée par le sens de l’honneur, l’image d’un homme fait pour la mer, ne montrant aucune hésitation quant aux actions à prendre face au danger mais plutôt gauche sur la terre ferme car peu adapté aux mesquineries et aux intrigues de la cour. Baudelaire aurait pu lui dédier son Albatros et proposer ainsi que le marin est…

(…) semblable au prince des nuée
Qui hante la tempête et se rit de l’archer ;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l’empêchent de marcher.

Et les femmes dans tout ça? Très peu à la vérité. Mis à part une certaine demoiselle de peu de vertu qui, à vrai dire, lui fit bien des misères, feignant même la grossesse pour l’obliger au mariage.

L’oisiveté où je vivais à Toulon, ainsi que je viens de le dire m’avait donné occasion de voir quelquefois une demoiselle connue par bien des galanteries qui, à la vérité, ne la déshonoraient pas encore à un certain point, mais qui, sans lui faire de tort, suffisaient pour la faire regarder comme n’étant pas incapable d’une faiblesse. (p. 296)

Autrement, il y a bien cette jeune femme, une beauté fulgurante qui croisa brièvement son chemin:

Parmi les prisonniers que nous fîmes, il se trouva une jeune femme d’environ dix-huit ans, c’était une des plus belles personnes  que j’aie vue dans ma vie (…)

Un moment après, quelques matelots vinrent m’avertir que cette femme avait dans sa coiffure des perles et des pierreries de grand prix, qui lui avaient été confiées par des Juifs qui étaient embarqués avec elle. Ils ajoutèrent que je ne devais pas négliger cet avis; qu’il y avait à faire une capture considérable, et qu’ils s’étonnaient que je n’eusse pas déjà donné des ordres convenables à ce sujet. À ces mots, les regardant avec quelque sorte d’indignation: «Si elle a des pierreries considérables dans sa coiffure, leur dis-je, c’est sa bonne fortune ou la bonne fortune de ceux qui les lui ont confiées. Quant à moi, apprenez, marauds, qu’un homme de ma sorte est incapable des hardiesses que vous me proposez. » (p. 261)

Yes! Voilà qui est parlé. J’ai toujours rêvé de traiter quelqu’un de maraud. Pour moi, Forbin c’est ça: de la grandeur d’âme avant toute chose.

Soit dit en passant, ses mémoires sont non seulement digestibles, ils m’ont paru d’une certaine manière beaucoup plus intéressants que le roman historique d’Axel Aylwen, Le faucon du Siam, dont je parlais plus tôt. Il faut dire que Forbin, ne faisant pas les choses à moitié a confié la rédaction de ses mémoires à un véritable auteur, un certain Reboulet. La qualité même du texte le rendit longtemps suspect aux yeux des lecteurs:

Il n’est guère contestable que cette méfiance est imputable à la qualité littéraire du texte, trop «poli», si l’on peut dire, pour être honnête. (p. 501)

Quoiqu’il en soit, le portrait qui nous est livré ici est celui d’un digne représentant du grand siècle. Respect!

***

FORBIN, Claude de. Mémoires du Comte de Forbin. Paris, Mercure de France, 1993, 570 p. ISBN: 9782715218222

***

Voir la fiche du livre sur Babelio

***

(¹) BRIOIST, P., Drévillon, H., & Serna, P. (2002). Croiser le fer: Violence et culture de l’épée dans la France moderne (XVIe – XVIIIe siècle). Seyssel: Champ Vallon. (p. 279)

(²) AYLWEN, Axel. Le faucon du Siam. Montréal, Libre Expression, c1996, 640 p. ISBN: 2891117379

 

Publicités
Madame de Staal – Mémoires

Madame de Staal – Mémoires

20150118_140018_800_3Les mémoires de Madame de Staal-Delaunay, écrits dans un style simple et sans affectation, sont un parfait exemple de concision littéraire. La manière exquise qu’a la baronne de tourner les phrases n’est sans doute pas étrangère à la solide éducation dont elle bénéficia dans sa jeunesse.

Sa mère, sans ressource à la mort de son conjoint, s’étant réfugiée avec elle au couvent, la petite y fût pratiquement élevée par les abbesses, qui l’adoraient. Ce n’est que plus tard, lorsqu’il fallut quitter le nid confortable où elle régnait sans partage pour affronter le monde extérieur, qu’elle réalisa véritablement la précarité de sa condition.

Ainsi débutent d’ailleurs ses mémoires:

Je ne me flatte pas que les événements de ma vie méritent jamais l’attention de personne; et si je me donne la peine de les écrire, ce n’est que pour m’amuser par le souvenir des choses qui m’ont intéressée.

 

Il m’est arrivé tout le contraire de ce qu’on voit dans les romans, où l’héroïne, élevée comme une simple bergère, se trouve une illustre princesse. J’ai été traitée dans mon enfance en personne de distinction; et par la suite je découvris que je n’étais rien, et que rien dans le monde ne m’appartenait. Mon âme n’ayant pas pris d’abord le pli que devait lui donner la mauvaise fortune, a toujours résisté à l’abaissement et à la sujétion où je me suis trouvée: c’est là l’origine du malheur de ma vie. (p. 65)

Quelle amorce mes amis. On l’appréciera sans doute davantage en la relisant lentement à haute voix pour bien en savourer le génie et la rythmique.

***

Voici en gros son histoire: Entrée tôt au service de la duchesse de La Ferté, puis de la duchesse du Maine, Rose Delaunay s’approcha par ce moyen d’un univers de fêtes et de splendeurs auquel elle aspirait tout en ne pouvant l’atteindre. Son esprit valait sans doute mieux que celui de la première de ces dames qui la traînait, tel un chien savant, de salon en salon:

«Voilà, dit-elle, madame, cette personne dont je vous ai entretenue, qui a un si grand esprit, qui sait tant de choses. Allons, mademoiselle, parlez. Madame, vous allez voir comment elle parle.» (p. 99)

La duchesse du Maine, de son côté, menait grand train et organisait des fêtes somptueuses à son château de Sceaux où tout ce que la cour comportait de gens de qualité aimait à se retrouver. La jeune Delaunay y trouva une place et écrivit même pour la duchesse des divertissements et des musiques dont elle supervisa l’exécution. Une telle existence semblait taillée sur mesure pour elle, n’eut été de cette conspiration dite de Callemare autour de la régence du jeune Louis XV à laquelle prit part (ou plutôt que fomenta) la duchesse du Maine et qui valut à tout son monde, incluant Rose Delaunay un séjour imprévu à la Bastille.

L’épisode, qui aurait pu s’avérer fort désagréable pour la jeune femme, s’en est trouvé au contraire singulièrement adouci du fait de la prévenance exercée à son égard par son gardien, un lieutenant de roi sans doute troublé par la présence en ces lieux d’une femme de qualité.

Ce lieutenant de roi, nommé M. de Maisonrouge, tout nouvellement dans cette place, ci-devant major de cavalerie, n’avait jamais vu que son régiment. C’était un bon et franc militaire, plein de vertus naturelles, qu’un peu de rusticité accompagnaient et ne défiguraient pas. (p. 166)

Et encore:

C’est le seul homme dont j’ai crue être véritablement aimée, quoiqu’il me soit arrivé, comme à toute femme, d’en trouver plusieurs qui m’avaient marqué des sentiments. Celui-ci ne me disait pas un mot des siens, et je crois m’en être aperçue longtemps avant lui. Il était tellement occupé de moi qu’il ne parlait d’autre chose: j’étais l’unique sujet de son entretien avec tous les prisonniers à qui il rendait visite; il croyait bonnement que c’était eux qui ne faisaient que lui parler de moi. Il revenait me voir, tout ravi de l’estime prétendue que je leur avait inspirée. (p. 175)

Là, vous allez sans doute rouler des yeux au ciel comme moi car, plutôt que de s’attacher à cueillir les fruits de cette affection manifeste, Rose utilise le capital de sympathie dont elle jouit auprès du lieutenant pour transmettre des lettres et faire avancer une idylle avec un autre prisonnier, le chevalier de Menil. Non mais quelle étourdie. D’autant plus que ce chevalier nous paraît immédiatement antipathique. On sait déjà qu’il va oublier la belle dès qu’il aura posé le pied hors de la Bastille. On a le goût de crier à Rose de laisser tomber ce faux-cul de chevalier et de prendre le lieutenant mais, bon, ça ne sert à rien de s’énerver maintenant. Surtout que ces événements se sont déroulés il y a près de 300 ans…

Bref, je ne brûlerai sans doute pas de punch en révélant que Rose Delaunay sortira finalement de la Bastille, laissant son lieutenant éploré derrière elle et qu’elle ira rejoindre sa maîtresse, la duchesse du Maine qui, pour la récompenser de sa loyauté, la mariera à un baron vieillissant, faisant d’elle désormais la baronne de Staal. Fin de l’histoire.

Malgré quelques passages d’un intérêt moindre, les mémoires de madame de Staal demeurent un témoignage fascinant sur cette tranche d’histoire.

L’intégralité de l’oeuvre est disponible dans la compilation de mémorialistes proposée par la collection Bouquins:

De Launey, Marguerite-Jeanne Cordier, baronne de Staal. Mémoires de Madame de Staal par elle-même. Dans La fabrique de l’intime: Mémoires et journaux de femmes du XVIIIe siècle (p. 59-251). Paris: Robert Laffont (collection Bouquins), 2013

***

Quelques notes sur l’exemplaire de ma collection:

3 volumes, in-18, 12,5 cm, imprimé à Londres, 1787, tranches dorées, dorures au dos et sur les plats. Pages de garde en papier marbré. Coins légèrement émoussés. Quelques mouillures, sans gravité. Collationné complet (t1: 255 p., t2: 288 p., t3: 244 p.). ExLibris du Baron de Mackau (Vimer 1893) au dos de la page de garde dans les 3 volumes.

 

 

Tristesse de la terre

tristessedelaterreSi comme moi, vous ne connaissez absolument rien aux origines du mythe américain, ce livre est pour vous. C’est hallucinant ce que cette petite plaquette de 150 pages nous apprend sur les dessous de l’histoire de nos voisins du Sud. Une histoire faite de héros postiches et d’aventures fabriqués de toutes pièces, d’affabulations et de mensonges, bref, une immense supercherie que le fameux Buffalo Bill Cody a puissamment contribué à alimenter avec son spectacle à grand déploiement intitulé « Wild West Show ».

Cody a présenté son show pendant près de 20 ans et ce divertissement aura été vu par des millions de spectateurs à travers le monde. Tenez, pour vous donner une idée, rien qu’à l’exposition universelle de Chicago en 1893, il y avait 2 représentations par jour dans une arène accueillant près de 18 000 personnes.

L’Europe n’aura pas été en reste non plus qui accueillit avec enthousiasme le célèbre cowboy et sa bande. Les scènes n’étaient jamais trop grandes pour loger cette attraction hors du commun où se succédaient, dans des décors de carton-pâte, des démonstrations de rodéos et des reconstitutions combats entre soldats et indiens. On dit que même le Colisée de Rome aurait été pressenti pour accueillir le show. L’autorisation n’aurait pas été accordée mais, de toute façon, l’enceinte n’aurait pas convenu. Trop petite…

Mais qu’est-ce donc qui attire autant les foules? Mais les indiens voyons! Des indiens qu’on aime voir effrayants et menaçants mais qui sont toujours vaincus in extremis par la cavalerie dans une apothéose de coups de feu et de combats sanglants. À la fin, morts et survivants se relèvent, prêts pour la représentation suivante. Buffalo Bill, par souci de réalisme, réussit même à convaincre le vénérable Sitting Bull de le suivre dans cette aventure. Le chef sioux accompagnera la caravane durant près d’un an, puis pliera bagages pour retourner finir ses jours dans la réserve Great River au Dakota.

Cody est toutefois toujours friand de chair indienne pour alimenter son spectacle. On ne s’étonnera donc pas de le voir, sans aucun scrupule, engager comme figurants des survivants de ce qu’on a d’abord appelé la « bataille » de Wounded Knee, mais qui ne fut rien d’autre en définitive qu’un massacre où près de 350 indiens, hommes femmes et enfants ont trouvé la mort.

Il est fascinant de noter comment une foule d’images qui ont peuplé notre imaginaire d’enfant, dont ce fameux cri indien que nous avons tous fait en plaçant la main devant la bouche, sont en réalité une pure invention provenant directement du Wild West Show, sinon de Buffalo Bill lui-même. Bienvenue dans le monde des apparences et du faux-semblant. Troublant et pathétique.

***

VUILLARD, Éric. Tristese de la terre. Paris, Actes Sud, 2014, 158 p.  ISBN 9782330035990

***

Ces Blogs ont également commenté le roman: Animallecteur; Charybde; Le monde de Miss G.; Lire sur un banc; Vivre livre ou mourir (j’adore ce titre de blog); Les carnets d’Eimelle; Au Mont D’Ottans (c’est lui qui m’a fait découvrir ce livre)

***

Voir la fiche du livre sur Babelio

***

Vérifier la disponibilité de l’ouvrage:

Dans le grand cercle du monde

dans_le_gand_cercle_du_mondeJe ne sais pas ce qu’il en est pour vous mais quand je vais au cinéma, il m’arrive d’oublier un film dès l’instant où je pose le pied hors de la salle. Le lendemain, je serai même embêté d’en résumer l’intrigue. Parfois c’est l’inverse. Les images ou l’atmosphère d’un film peuvent m’habiter durant des mois, voire des années. Et non je ne vous parlerai pas ici de 2001: L’odyssée de l’espace (que, soit dit en passant, j’ai vu en version « Cinérama » à l’Impérial à sa sortie en 1968). Fermons la parenthèse et n’insistez pas; déjà que c’est loin de me rajeunir…

Non, je fais ce détour pour avancer que les livres me font exactement le même effet. Plusieurs, peut-être une majorité, retournent au néant sitôt la dernière page tournée. D’autres, en revanche, creusent un sillon plus ou moins profond, plus ou moins permanent, dans ma mémoire.

Dans certains cas, il m’est assez facile de déterminer à l’avance le potentiel de survie d’un titre. Dès les premières lignes de La route de Cormac McCarty, je savais que ce  roman me hanterais longtemps. À l’inverse, de temps à autres, un ouvrage que je voyais naturellement retourner à l’oubli s’accroche et continue à m’habiter.

Ce qui m’amène à vous parler du roman de Joseph Boyden. Pas que l’écriture en soit remarquable. Côté intrigue, ce serait même un peu longuet. Éditeur, j’aurais sûrement conseillé de resserrer un peu. Mais voilà, je ne le suis pas (éditeur). Et, donc, le roman est ce qu’il est, avec ses défauts mais également ses indiscutables qualités. D’abord celle d’une description saisissante du quotidien au sein des tribus amérindiennes à l’époque de la colonie française. Dieu que la vie y était rude.

Le roman débute sur une échauffourée meurtrière: des guerriers hurons wendats massacrant un groupe de Haudenosaunees (iroquois) et repartant à leur campement avec une seule captive: une jeune fille dont ils ont égorgé les parents. Oiseau, le chef de la bande l’adoptera. Comme c’est sympathique. Un prêtre est également de l’expédition. On dit un « corbeau » en référence à sa soutane noire.

La vie au campement nous est décrite par le point de vue croisé de ces trois principaux protagonistes. Une existence dure et frugale où la crainte d’une attaque d’un clan adverse est constamment présente. Et, dans ce cas, malheur à celui qui tombe vivant aux mains de l’ennemi. On s’amuse à le « caresser » des jours durant avant de lui permettre enfin de mourir. Normalement, je fuis plutôt ce genre de description. Ça n’est pas du tout, mais alors là pas du tout ma tasse de thé. Pourtant cette fois-ci j’ai été comme tétanisé, incapable d’arrêter ma lecture malgré l’accumulation de scènes d’une violence inouïe, parce qu’il fallait absolument que je connaisse la suite de l’histoire. Vous dire, j’en ai fait des cauchemars. Ça me rappelle un peu le malaise que j’ai ressenti à lecture du roman de Jean Teulé: Moi, François Villon. Très fort également.

Le livre de Boyden fait aussi vaguement écho à une autre œuvre qui portait également sur cette période historique, le roman Robe Noire de Brian Moore. Ce dernier avait fait sensation à l’époque et avait même été porté au cinéma, avec un succès relatif il faut dire, par Bruce Beresford. J’avais préféré le roman.

Quant à celui-ci, vous êtes prévenus. Cœurs sensibles, s’abstenir…

 ***

BOYDEN, Joseph. Dans le grand cercle du monde.  Paris: Albin Michel, 2014, 598 p. [Traduit de l’anglais (Canada) par Michel Lederer]. ISBN 9782221140451

***

Ces Blogs ont également commenté le roman: Livre et compagnie; The cannibal lecteur; Les chroniques acides de Lord Arsenik; Lettres Express; Au café littéraire de Céline; Clara et les mots; La petite marchande de prose;

***

Voir la fiche du livre sur Babelio

***

Vérifier la disponibilité de l’ouvrage:

 

Passez au Salon

Rapide virée au Salon du livre de Montréal hier. Belle cuvée cette année.

Je ne sais pas si vous êtes comme moi mais il y a des jours où tout nous ennuie alors qu’à d’autres, chaque livre qui tombe entre nos mains nous semble intéressant, où chaque jaquette, chaque première page lue nous interpelle et où, bref, on voudrait tout acheter. Ma journée d’hier était exactement de ce type… pour mon plus grand malheur. Ma fierté est d’avoir réussi à résister au chant de la plupart des sirènes littéraires. Mais j’ai tout de même succombé… un peu.

Bilan: D’abord 3 livres jeunesse que j’ai choisi avec amour comme si c’était pour mes propres filles, bien qu’elles seraient plutôt en âge de m’en donner (des enfants je veux dire). Je vous entends déjà me demander, alors pourquoi donc  ces achats? Pour la promotion de la lecture auprès des jeunes, cause qui me tient particulièrement à cœur et qui est portée par un projet tout simple mais très pertinent appelé « La lecture en cadeau« . Les livres récoltés par la Fondation pour l’alphabétisation sont offerts à des enfants provenant de milieux défavorisés qui n’ont généralement pas la chance d’être en contact avec des livres ni, à plus forte raison, d’en posséder. Plus de détails ici: http://www.fondationalphabetisation.org

Alors, j’ai craqué pour 2 petits livres d’éveil pour les plus jeunes (pas nécessairement des nouveautés):

9782211210898_1_75et

9782354131401FS

et puis, un livre pour plus vieux (que j’aurais bien aimé me voir offrir, enfant)

9782070616404FSQuoi d’autre?

Bien, je me suis laissé tenter, salon littéraire oblige, par un recueil d’anecdotes recueillies auprès d’auteurs ayant vécu le supplice des séances de signature et intitulé fort justement: « Passez au Salon ».

passezJ’ai toujours été intrigué par ce rituel auquel doivent s’astreindre les auteurs et qui consiste à dédicacer leur ouvrage tout en échangeant des banalités avec leurs lecteurs. Certains semblent s’en tirer à merveille, y prenant manifestement plaisir alors que d’autres souffrent de toute évidence le martyr. Et que dire de cet écrivain anonyme qui demeure désespérément seul à sa table alors qu’une file s’étire à perte de vue pour son voisin célèbre. Ce peut être l’occasion d’une leçon d’humilité. C’est, entre autres, ce qui se dégage des 150 anecdotes recueillie par Isabelle Massé et Hugo Lafontaine auprès d’une soixantaine d’auteurs ayant déjà pratiqué ce sport extrême. Mais la nature humaine étant heureusement imprévisible, on ne sait jamais ce qui va jaillir de ces sessions de speed-dating littéraire. D’où quelques perles récoltées au fil de des années par cette brochette d’auteurs et qui nous sont rapportées ici pour notre plus grand bonheur. Voyez par exemple celle-ci, proposée par Claudia Larochelle:

Par pitié

India Desjardins, c’est la coqueluche des salons du livre. Une superstar! Le plaisir d’être à ses côtés en séances de dédicaces à Gatineau, en 2014, pour le recueil de nouvelles Miroirs, fut donc immense. On ne comptait plus le nombre de visiteurs… pour elle! J’étais davantage spectatrice que romancière jusqu’à ce qu’une fille de douze ans me tende son livre:

— Je vais aussi vous demander votre signature parce que vous faites un peu pitié. (p. 80)

Ouch! Ça fait mal… Et celle-ci, mignonne, relatée par l’auteur pour enfants Gilles Tibo:

Multiplicité

Un petit garçon arrive à ma table, voit une pile de livres qui comprend six exemplaires d’un tome de Noémie.

— Hein, tu as écrit six fois le même livre? (p. 85)

Ça va dans tous les sens mais c’est fort opportunément regroupé par thématiques. Et ça se lit, comme des poèmes, dans l’ordre comme dans le désordre.

 

***

MAUBILLE, Jean. Il fait comment le caméléon? Paris, L’école des loisirs, 2013, [28 p.] ISBN 9782211210898

YONEZU, Yusuke. Qui se cache sous les fruits. Zurich, Minedition, 2011, [16 p.] ISBN 9782354131401

DELAFAUSSE, Claude. Le dinosaure. Paris, Gallimard jeunesse, 2008, [35 p.] ISBN 9782070616404

MASSÉ, Isabelle et FONTAINE, Hugo. Passez au salon: 150 anecdotes de salons du livre. Montréal: Québec-Amérique, 2014, 261 p. ISBN 9782764428016

 

 

 

 

L’éclair silencieux du Catatumbo

eclair_silencieux_du_catatumboIl existe des lieux dont le nom à lui seul est une invitation au voyage. J’écris « Zanzibar » et me voilà propulsé dans un autre monde. Oulan-Bator, Katmandou, Bangkok, Jakarta sont déjà surchargés d’exotisme avant même de les avoir situés sur une carte. Mais les mots résonnent sans doute diversement pour chacun. Tout aussi bien, leur puissance évocatrice évolue-t-elle dans le temps. Dans ma jeunesse, au son de Bagdad, une ribambelle de génies à la lampe, de vendeurs de tapis magiques, de caravaniers et de sultanes aux dessous vaporeux se bousculait dans mon esprit. Ça n’est plus le cas aujourd’hui. Les actualités se sont chargées de me rappeler à l’ordre… Et voilà Tombouctou qui subit un sort semblable.

Tout ça pour vous dire que Maracaibo, autre lieu de mon florilège géographique intérieur, vient tout juste de passer à la trappe de la candeur grâce aux bons soins de Daniel Forh qui nous offre ici un roman ma foi assez corrosif sur cette ‘perle’ de l’Amérique du Sud. Honnêtement, je serais surpris que l’office du tourisme vénézuélien ait commandité l’ouvrage.

Par dépit amoureux, un jeune français, lecteur de Proust, accepte un poste d’enseignant dans une école de Maracaibo. Le choc culturel sera plutôt intense pour notre ami. Avec cette chaleur qui l’accable, la marmaille dont il peine à garder le contrôle en classe, les vols de motos à répétition dont il est victime, les blattes aux proportions antédiluviennes qui envahissent son appartement, on se demande avec lui ce qu’il est allé faire dans cette galère:

Troisième jour. J’ai pris une feuille et j’ai essayé d’établir une liste des raisons que j’avais de ne pas retourner d’où je venais. J’avais appris à faire ça en centre d’orientation. La ville était moche, pour dire les choses simplement, et vide des promesses véhiculées par l’exotisme de son patronyme, une grosse agglomération déglinguée et sans mystère, établie dans un four solaire, toute en angles droits. Les senteurs de poisson grillé, d’alcool, les palmes bercées par les alizés au bord des plages, les frégates dans le ciel, tout ça semblait avoir disparu, si ça avait seulement existé ». (p. 40)

Ça n’est pas exactement le coup de foudre, disons. Pourtant, malgré les épreuves qui s’accumulent et les situations loufoques auxquelles notre héros est confronté, on sent se développer en lui une forme d’attachement pour ce milieu apparemment hostile qu’il décrit avec la douce ironie du voyageur désabusé. C’est aussi un observateur à la culture cinématographique impressionnante qui ne manque aucune occasion de faire le lien entre une situation vécue et une scène tirée d’un film. Lorsqu’on partage les mêmes références culturelles, c’est très efficace comme procédé. L’image surgit immédiatement. Tiens, essayons celle-ci

Elle portait un tailleur rose pâle et un chignon d’hôtesse de l’air, une silhouette extrêmement contrôlée, un peu américaine, Tippi Hedren dans Les Oiseaux. (p. 224)

Il manie également avec brio l’art de l’exagération. D’un homme à la pilosité généreuse il dira:

(…) s’il n’avait pas eu l’intelligence de se raser la barbe, il aurait probablement couru le risque d’être emmené à la fourrière ou abattu sur place. (p. 42)

Certaines scènes font sourire. On ne peut que sympathiser avec l’enseignant inexpérimenté confronté à une horde d’élèves de maternelle:

Pédagogue, conteur et dompteur sont à mon avis les trois qualités requises pour ce type de public. Tout le monde ne sait pas ce qu’est un enfant de cinq ans, surtout de sexe mâle. Ça se tord sur sa chaise, ça lance quelque chose sur quelqu’un, ça tape des pieds, ça parle tout seul, ça tripote sa voisine, avale sa recharge de stylo, lève le doigt sans qu’on sache si c’est parce qu’il a une question, une réponse, ou envie d’aller à la toilette, ça n’arrête pas. Le distraire de lui-même et de ses pulsions n’est pas une mince affaire.

Cette heure-là est une plongée dans ce qu’il y a de plus archaïque, de plus mystérieux dans l’âme humaine, l’enfance. Quand on se penche sérieusement sur le sujet, il devient rapidement difficile de concevoir qu’un enfant et un adulte puissent être la même personne à des âges différents. Peut-être découvrira-t-on un jour, qu’en réalité, une substitution s’opère dans le sommeil ou quand on est aux toilettes, entre dix et quatorze ans selon les individus, et que le jeune est remplacé par l’adulte, d’un coup. Les enfants qu’on oublie de remplacer et qui grandissent deviennent des serial killers. C’est ma théorie. Dès lors qu’on imagine Hannibal Lecter, Jason ou Jigsaw comme des enfants de cinq ans, on trouve leur comportement parfaitement normal. (p 72)

Cette vision hyperbolique du monde s’applique à tout ce que nous décrit le narrateur et sa manière de faire n’est pas sans me rappeler, comme par un écho lointain, celle de René Belletto dans l’Enfer* (prix Femina 1986), par ailleurs très bon roman également, qui partage de plus avec celui-ci la particularité de faire évoluer les personnages dans une atmosphère étouffante et caniculaire.

Ce qu’il y a de bien avec les livres, c’est qu’ils nous permettent de voyager par procuration, à peu de frais, tout en nous épargnant parfois de subir ce décalage désagréable entre le pays imaginaire et le pays réel.

Et, vous, y a-t-il également des lieux dont le nom suffit à exciter le voyageur qui sommeille en vous?

***

FOHR, Daniel. L’éclair silencieux du Catatumbo.  Paris: Robert Laffont, 2014, 426 p. ISBN 9782221140451

*BELLETTO, René. L’Enfer. Paris: P.O.L., 1985, 393 p. ISBN 2867440521

***

Ces Blogs ont également commenté le roman: La dent dure; Un livre une fenêtre;

***

Voir la fiche du livre sur Babelio

***

Vérifier la disponibilité de l’ouvrage:

 

La quête

laqueteQuel livre apporter avec soi pour les vacances? Humm… choix déchirant. Tiens, pourquoi pas celui-ci, qui m’a fait renouer avec le plaisir des lectures d’ados: 926 pages d’une aventure haletante qui ne laisse aucun répit. Ça déménage!

 

On est à la fin du 12e siècle. Walter, un jeune seigneur normand ayant participé à la bataille de Manzikert est retenu prisonnier en Anatolie par les turcs seljoukides. Pour sa libération, à défaut de la rançon astronomique qu’il a fixée, l’émir Souleyman, grand amateur de fauconnerie et de chasse, se contenterait de deux couples de gerfauts « aussi blancs que le sein d’une vierge ou que la neige en hiver ». Ben tiens… un chausson avec ça? Car il faut savoir que les volatiles de cette espèce sont extrêmement rares et que « les spécimens les plus clairs et donc les plus précieux vivent à l’extrême nord de la Terre, en Hyperborée, sur les îles d’Islande et du Groenland ».

Qu’à cela ne tienne, cette mission périlleuse, un petit groupe d’improbables aventuriers va l’accepter. Il y a d’abord Hero, le jeune érudit sicilien porteur de la requête de l’émir, Vallon, le guerrier franc rongé par les remords, Raul, l’arbalétrier soûlard, Wayland, le fauconnier toujours flanqué de son molosse et puis, Sith une jeune fille des marais rencontrée en route.

Ensemble ils affronteront de multiples dangers et devront composer tour à tour avec la férocité des troupes normandes lancées à leur poursuite, la barbarie de guerriers vikings, la cruauté sans nom de tribus laponnes, et celle des nomades seldjoukides. Leur périple les mènera du Groenland à la  Russie, passant par Novgorod, traversant Smolensk et Kiev pour arriver enfin à Constantinople porte de l’Anatolie, leur destination finale. Si chacun accomplit ce périple pour des raisons qui lui sont propres (parfois secrètes), en revanche, l’accumulation des épreuves traversées agit comme un ciment sur le groupe. Même la mort ne semble pouvoir les séparer et tous partagent cette certitude de se retrouver quoi qu’il arrive et, comme ils aiment à le répéter: « ici ou dans l’au-delà ».

Évidemment, c’est une brique un peu lourde pour une lecture de métro. D’où ma suggestion de le garder au frais pour les vacances. Le mélange est très heureux avec une chaise longue, une serviette de plage ou un hamac.

Ah oui, et si vous ne tenez pas à développer vos biceps en tournant les pages de ce pavé costaud, sachez qu’il est disponible en version électronique.

Allez, bon été!

***

LYNDON, Robert. La quête [traduit de l’anglais (États-Unis) par Élodie Leplat].  Paris: Sonatine, 2013, 926 p. ISBN 9782355841989

***

Ces Blogs ont également commenté le roman: Plume libre; Histoire pour tous; Lire ou mourir; Blue moon; 4 de couv; Le roi lire; Le club du roman historique

***

Voir la fiche du livre sur Babelio

***

Vérifier la disponibilité de l’ouvrage: